Mademoiselle de Guise, l’autre Marie de Lorraine

Portrait de laduchesse de Guise (1615-1688) Dumonstier Daniel (1574-1646) ,  peintre Cote cliché 05-523897 N° d’inventaire PD408 Fonds Dessins Date 1627 Période 17e siècle Europe (période) - période moderne Ecole Ecole française Technique/Matière crayon de couleur , pierre noire Dimensions Hauteur : 0.31 m Largeur : 0.235 m Localisation Chantilly, musée Condé

Daniel Dumonstier, Portrait de la duchesse de Guise, 1627 © Chantilly, musée Condé

En août 1615, un peu moins de cent ans après la naissance de Marie de Lorraine-Guise, naît une autre Marie de Lorraine, duchesse de Guise, qui sera plus tard appelée Mademoiselle de Guise. Deux femmes du nom de Marie entourent ainsi l’histoire de la famille de Guise: Marie, la fille aînée, née en novembre 1515, et Marie, la dernière de la branche aînée des Guise, née en août 1615.

Mademoiselle de Guise ne s’est jamais mariée officiellement. Elle aime la musique, comme son aïeul Claude de Lorraine, premier duc de Guise, et entretient dans son l’hôtel particulier rue du Chaume à Paris, une brillante cour. Elle y accueille des hommes de lettres, des poètes comme Pierre Corneille, des artistes, des musiciens et le compositeur Marc-Antoine Charpentier, qui loge un temps dans son hôtel particulier, ainsi que François-Roger de Gaignières, écuyer de la princesse depuis 1675, qui y occupe un appartement de quatre pièces composée d’une cuisine, d’une écurie et d’un débarras qu’il habite jusqu’en 1701. Les célèbres collections de cet homme sont devenues une source inestimable pour les historiens modernes.

L’hôtel particulier de Marie de Lorraine, l’ancien hôtel de Clisson, fut acquis en juin 1553 par Anne d’Este, l’épouse de François de Lorraine, le second duc de Guise et frère aîné de Marie de Guise. Le couple princier entreprend d’importants travaux, notamment la décoration de la chapelle par Le Primatice et Del Abbate. Dans leur hôtel, ils exposent leur collection d’œuvres d’art, parmi laquelle la tenture des « Belles Chasses de Guise » ou Chasses de Maximilien, aujourd’hui au Louvre, et une série de vues de villes (Jérusalem, Constantinople, Venise…), comprenant le fameux plan de Paris, dit plan de tapisserie, acquis par la ville au 18e siècle, mais disparu depuis. Devenu l’hôtel de Soubise en 1701, les lieux accueillent aujourd’hui les Archives Nationales.

P. Mignard (d'après), Portrait e Marie de Lorraine, 1684. © The Fitzwilliam Museum, Cambridge

Marie de Lorraine, d’après Mignard, 1684 © The Fitzwilliam Museum, University of Cambridge

Marie de Lorraine meurt en mars 1688, léguant son hôtel parisien à Charles François de Stainville, comte de Couvonges (1637- 1706). Mais le parlement de Paris casse son testament par arrêt du 26 avril 1689, et la succession passe à ses héritiers naturels, la maison d’Orléans.

Selon une légende née à Pont-à-Mousson, la mort de la dernière princesse de la maison Lorraine-Guise fut annoncée par l’une de ses ancêtres, Philippe de Gueldre, religieuse au couvent de Sainte Claire de cette ville, et décédée en 1547. Dans La vie de la Sérénissime Philippe de Gueldres, reine de Jérusalem et de Sicile, son auteur, le jésuite Christophe Mérigot, rapporte:

Mais pour ce qui est de la tradition touchant de certains bruits qui se font entendre sur son tombeau, lorsque quelque Prince de la Serenissime Maison de Lorraine, doit mourir, ou qu’il doit leur arriver quelque chose funeste, elle paroîtra (aux personnes sages & judicieuses qui l’aprendront) digne de leur remarque. En effet on ne manque jamais d’entendre de grands bruits sous le tombeau de la V[énérable]. Philippe à la mort de quelques Princes de sa Maison. Lorsque Mademoiselle de Guise Marie de Lorraine mourut le troisieme Mars 1688. un mois auparavant on entendit de ces bruits, & l’on ne doûta pas que le Seigneur ne dût retirer de ce monde quelque personne de cette Illustre Famille. Le témoignage qu’en rendit l’Abbesse de ce tems-la & toute sa Communauté, lorsqu’il fut question de les entendre là-dessus, ne nous permet pas d’en douter.

Un petit mystère pour terminer: La vie de la Sérénissime Philippe de Gueldres fut imprimée, selon la page de titre, à Pont-au-Mousson en 1627. Comment alors l’auteur a-t-il pu mentionner la mort de Mademoiselle de Guise, survenue soixante ans après sa publication? À moins de supposer un nouveau miracle de la vénérable Philippe de Gueldre, il est probable que la date de publication fut avancée afin de prétendre à une plus grande ancienneté. En réalité, le livre de Mérigot a dû être publié en, ou peu après l’année 1688.

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