L’Auld Alliance ravivée en 2014 à Aubigny-sur-Nère

L’association Centre d’études et de recherches sur l’Auld Alliance franco-écossaise organisait le 27 septembre 2014 au château des Stuart le colloque « L’Auld Alliance à l’épreuve du temps, relations entre la France et l’Écosse 1295-1560″. Fondée il y a vingt ans, cette association située à Aubigny-sur-Nère fut longtemps présidée par un de ses membres fondateurs, Guy Courcou, aujourd’hui décédé.

Le château des Stuarts, Aubigny-sur-Nère

Aubigny-sur-Nère. Le château des Stuart, coté cour (15e-16e siècles) © A.B.

Le colloque débutait avec un exposé de Marc Smith de l’École des Chartes, qui présentait deux parchemins aujourd’hui conservés aux Archives Nationales de Londres. Le premier document était censé être une copie anglaise d’un « sauve-conduit » pour William Wallace. Or, Marc Smith démontrait qu’il s’agit en fait d’une missive de Philippe le Bel en faveur du chevalier écossais, adressée au pape Boniface VIII à Rome et rédigée à la chancellerie du roi de France à Pierrefonds en 1300. Le deuxième document, une lettre de recommandation de Philippe le Bel très énigmatique, fut probablement rédigée par une personne d’origine anglaise ou écossaise et pourrait être un faux, écrite en 1299 pour favoriser les Écossais.

Guy Courcou présentait ensuite la mission écossaise de l’amiral français Jean de Vienne en 1385, en utilisant quelques documents peu connus de la bibliothèque municipale de Besançon. Le troisième intervenant était James Laidlaw, professeur émérite de l’Université d’Édimbourg, qui revenait sur les événements de l’année 1424. Cette année, décisive pour l’histoire franco-écossaise, voyait la fin de la longue captivité de James Stuart en Angleterre, son mariage avec Joanne Beaufort, le sacre de celui qui fut désormais Jacques Ier d’Écosse, puis la naissance de sa fille Marguerite. Cette dernière fut au coeur de la mission écossaise d’Alain Chartier et du traité de Perth en 1428. La mission de l’auteur du poème La Belle Dame sans Mercy, paru cette même année 1424, aboutissait au mariage royal entre la princesse Marguerite d’Écosse et le dauphin Louis, fils de Charles VII.

L’après-midi, l’historien Jacques Paviot du CRHEC de l’Université de Créteil présentait les Instructions et mandements, un rapport circonstancié de Regnaud Girard, bourgeois et marchand de La Rochelle, en mission en Écosse entre 1434 et 1436. Dans cette copie du 16ème siècle, l’ambassadeur de Charles VII relate les préparations en Écosse, puis l’arrivée en France et le mariage de Marguerite d’Écosse (1424-1445) avec le futur Louis XI.

Philippe Contamine, historien spécialiste de la Guerre de Cent Ans, membre de l’Institut de France, montrait les relations « Entre fiction et frictions » du roi de France Charles VII et du roi d’Écosse Jacques II Stuart, dans les années 1450-1457. Michel Duchein, historien et angliciste, racontait l’échec de la politique française en Écosse avec son « Marie de Guise – Apogée et fin de la vieille alliance« . La fin de l’Auld Alliance  fut également abordée par Henri Suhamy, spécialiste de littérature anglaise et notamment de Shakespeare, qui détaillait le traité d’Édimbourg de 1560.

En septembre 2011, l’historienne Elizabeth Bonner de l’université de Sydney était venue à Aubigny-sur-Nère pour signer son livre « Documents sur Robert Stuart. Seigneur d’Aubigny (1508-1544), guerrier et courtisan au service de François Ier« . Un article non-signé appelait alors « fumeux » le Centre d’études et de recherches sur l’Auld Alliance, et mettait en avant le travail de la chercheuse australienne. Un commentaire paru sur internet renchérissait même: « c’était juste une plaque pour toucher une subvention pour construire la BM ». Cette année encore, le colloque d’Aubigny-sur-Nère a pu bénéficier du soutien financier du Ministère de la culture et de la communication. La « BM », la bibliothèque municipale, qui se trouve en face de l’entrée du château des Stuarts, était fermée. J’ignore de quelle « plaque » il s’agissait, et ce que cette histoire de jalousie (?) est devenue. En tout cas, le colloque du 27 septembre 2014 à Aubigny est un signe officiel que la France n’a pas oublié le lien ancien qui la lie à l’Écosse, un lien qui existe depuis 1295, l’année qui marqua le début de l’histoire de la diplomatie franco-écossaise.

Dernière mise à jour: février 2015.

 

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5 Commentaires

  1. Aubigny-sure-Nere is twinned with my town of Haddington! Will find out if the Haddington Twinning Association will be there!

    1. Will you be coming? It would be great to meet you at last in the real world!

      1. And they’re discussing Christine de Pizan!! I’ll make enquiries!!

      2. Unfortunately no, Christine de Pizan won’t be part of the colloquium; James Laidlaw’s subject will be the treaty of Perth.

      3. So it is – will need to brush up my French!

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